Le Congrès américain va voter pour lever la paralysie budgétaire
Le Congrès américain s'apprête à voter mardi pour mettre fin à la paralysie budgétaire, après trois jours de blocage provoqués par le refus des démocrates de financer la police de l'immigration de Donald Trump.
Le président républicain a exhorté lundi la Chambre des représentants à mettre fin à ce "shutdown" partiel "sans délai".
"Nous devons rouvrir le gouvernement et j'espère que tous les républicains et les démocrates se joindront à moi pour soutenir cette loi", a déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social.
"AUCUN CHANGEMENT n'est possible à ce stade" sur ce texte budgétaire, a averti Donald Trump, alors que le mécontentement affiché par certains jusque dans son camp menaçait de prolonger la paralysie.
Une commission de la Chambre a voté lundi soir pour faire avancer ce texte vers un vote dans l'hémicycle, attendu mardi. En cas d'approbation, le texte se dirigerait vers Donald Trump pour une promulgation dans la foulée qui lèverait le blocage.
Avant le message du président américain, des chefs de la majorité avaient affiché leur optimisme quant à un "shutdown" de courte durée.
"On va réussir à finir tout ça d'ici à mardi, j'en suis convaincu", prêchait dimanche le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson.
Il est allé jusqu'à évoquer une "formalité" pour qualifier le vote attendu mardi.
- "Jeux politiciens" -
Mais avec l'arrivée lundi au Congrès d'un nouvel élu démocrate après une législative partielle au Texas, le responsable sait qu'il ne peut pas se permettre de perdre plus d'une voix dans son camp.
Or plusieurs élus de la frange ultraconservatrice avaient menacé de s'opposer au texte car ils refusent catégoriquement de renégocier le budget du ministère de la Sécurité intérieure (DHS), une exigence des démocrates.
"Les démocrates se livrent à des jeux politiciens", a lancé samedi le député républicain Chip Roy, du Texas, accusant l'opposition de retenir le DHS "en otage".
La question du financement de cet important ministère est au coeur du blocage actuel au Congrès depuis les événements récents de Minneapolis.
Les démocrates s'indignent de la mort fin janvier d'Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans tué par balles par des agents fédéraux en marge de manifestations contre la présence de la police de l'immigration (ICE), qui dépend du DHS, dans cette métropole du nord des Etats-Unis.
Son décès est intervenu moins de trois semaines après celui de Renee Good, également tuée par balle par des agents fédéraux à Minneapolis.
Depuis, les démocrates martèlent leur refus de voter tout budget pour le DHS sans que d'importantes réformes ne soient mises en place.
Ils demandent notamment l'emploi systématique de caméras-piétons pour les agents, l'interdiction du port de cagoule ou encore qu'un mandat judiciaire précède toute arrestation.
- "Sous contrôle" -
"Personne n'est au-dessus de la loi. Les agents de l'ICE devraient être tenus aux mêmes règles que tout autre membre des forces de l'ordre dans ce pays qui risquent leur vie pour nous", a déclaré Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate de la Chambre, lors d'une conférence de presse lundi au Capitole.
La nouvelle version du texte, déjà approuvée par le Sénat, permet l'approbation de cinq des six volets budgétaires, tandis que la partie concernant le DHS fera l'objet de nouvelles négociations au cours des deux prochaines semaines.
Les Etats-Unis ne connaîtront sans doute pas une répétition du blocage d'octobre et novembre, lorsque républicains et démocrates avaient bataillé pendant 43 jours sur la question de subventions d'assurance santé.
Des centaines de milliers de fonctionnaires avaient été mis au chômage technique, tandis que d'autres, aux missions considérées comme essentielles, avaient dû continuer à travailler. Mais tous avaient dû attendre la fin de la paralysie budgétaire pour recevoir leur salaire.
Le blocage n'avait pris fin qu'avec la décision de quelques sénateurs démocrates de voter pour un texte budgétaire concocté par les républicains, en échange de promesses de concessions sur ces subventions d'assurance santé.
Leur décision avait été fortement critiquée par de nombreux sympathisants démocrates, qui souhaitaient voir une opposition plus vigoureuse face à Donald Trump.
(S.Andries--TPT)