The Peninsula Times - "Tarif agent": électriciens et gaziers mettent la pression sur le gouvernement avec une grève massive

Johannesburg -
"Tarif agent": électriciens et gaziers mettent la pression sur le gouvernement avec une grève massive

"Tarif agent": électriciens et gaziers mettent la pression sur le gouvernement avec une grève massive

Les électriciens et gaziers se sont mis massivement en grève mardi pour faire pression sur le gouvernement, qui envisage de réformer leur tarif préférentiel de l'énergie, un avantage qui fait partie de leur rémunération, avec notamment quelque 59% des salariés d'EDF SA (hors filiales) à la mi-journée, selon la direction.

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Cette participation, calculée sur les effectifs totaux de l'entreprise, est "historique", selon la CFE-CGC, premier syndicat de l'entreprise, qui indique, comme la direction, qu'elle est déjà supérieure à celle comptabilisée en fin de journée, lors du précédent mouvement pour défendre le tarif agent, en 2011.

Dans le groupe Engie, la direction a fait état d'un taux de 61% de grévistes à la mi-journée, là aussi sur les effectifs totaux.

"Nous sommes là pour dire non au projet du gouvernement de nous matraquer fiscalement. C'est inacceptable pour les agents du service public qui ont toujours répondu présent", a clamé Alexandre Grillat, secrétaire général de la CFE Energies, devant quelques centaines d'électriciens et gaziers rassemblés devant le ministère de l'Economie.

"Nous sommes les premiers défenseurs et les derniers remparts du service public de l'énergie pour les usagers, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, lors des événements climatiques, (...), nous méritons le respect", a déclaré Fabrice Coudour, secrétaire général de la FNME-CGT, premier syndicat de la branche.

Avec leurs homologues de FO et de la CFDT, ils devaient être reçus dans la foulée par la ministre déléguée à l'Energie, Maud Bregeon.

"Il n'y aura pas de passage en force", a assuré mardi matin la ministre, pour qui il n'est "pas question de remettre en cause le tarif agent" : "la question c'est le niveau de fiscalisation", a-t-elle expliqué sur France 2, souhaitant "un dialogue" avec les représentants syndicaux pour "régulariser cette situation".

Les grévistes se sont mobilisés dès le matin dans plusieurs centrales nucléaires, entraînant de fortes baisses de puissance disponible, comme au Tricastin, à Flamanville, Nogent-sur-Seine, Penly, Cattenom, Paluel et Saint-Alban.

A Gravelines, plus grande centrale nucléaire de France, environ 80% des salariés étaient en grève, selon les syndicats, mais sans impact sur la production.

"Ce qu'on veut, c'est frapper fort, avoir une journée qui marque les esprits, (...) et par la suite, si on n'est pas entendu, on ira plus loin", a déclaré à l'AFP Nicolas Dessertenne de la CGT, évoquant de possibles arrêts de tranche.

Les recommandations de la Cour des Comptes dans un rapport publié en juillet - augmenter la fiscalité et les cotisations sur cet avantage en nature - entraîneraient "une perte de pouvoir d'achat", déplore M. Dessertenne, évaluant cet avantage à 2.000 euros par an pour un foyer de quatre personnes.

Et ce alors que le secteur de l'énergie est engagé dans une grande campagne de recrutement, sur fond d'électrification du pays et de relance du nucléaire.

A Marseille, une manifestation des électriciens et gaziers a rassemblé une centaine de personnes, a constaté un photographe de l'AFP. Elle s'est accompagnée d’une coupure de courant dans le centre-ville, selon les pompiers.

- 300.000 personnes concernées -

Cette composante historique du statut des électriciens et gaziers concerne quelque 140.000 salariés du secteur, mais aussi les près de 160.000 retraités des entreprises issues des opérateurs historiques EDF et GDF (dont Engie, Enedis, GRDF, etc.) et d'autres entreprises, dont des distributeurs locaux d'énergie.

La Cour des comptes évalue son coût à "plus de 700 millions d'euros en 2024" pour le groupe EDF et affirme que ses bénéficiaires "acquittent désormais moins de 2% des tarifs moyens de l'électricité ou du gaz payés par les consommateurs". Un chiffre contesté par certains syndicalistes, qui évoquent un tarif autour de 10% de celui payé en moyenne par les ménages.

La grève devrait être sans incidence pour les usagers, mais le mouvement pourrait se durcir si le gouvernement persiste à vouloir relever la fiscalité de ce tarif, préviennent certains responsables syndicaux.

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(Z.Nkosi--TPT)