Le pétrole recule un peu, les exportations saoudiennes dans le viseur
Les cours du pétrole ont terminé en légère baisse jeudi, le marché estimant que l'Arabie saoudite devrait maintenir un certain rythme d'exportations d'or noir, malgré les attaques sur ses infrastructures.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, a perdu 0,95% à 104,82 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en octobre, a cédé 0,51% à 101,91 dollars.
Les informations selon lesquelles l'oléoduc Est-Ouest de l'Arabie saoudite pourrait recouvrer environ la moitié de sa capacité d'ici quelques jours avaient déjà fait baisser les prix du pétrole mercredi.
Cet oléoduc, contraint à la mise à l'arrêt depuis la fin de semaine dernière en raison d'attaques de drones, permet à Ryad de contourner le détroit d'Ormuz en passant par la mer Rouge.
La compagnie pétrolière nationale saoudienne Aramco s'emploie aussi à trouver des alternatives et proposerait "des cargaisons supplémentaires de brut via Oman afin de dissiper les inquiétudes liées aux perturbations de l'approvisionnement", selon les analystes de Mind Energy.
Depuis leur offensive éclair, les Houthis du Yemen ont surtout ciblé des intérêts pétroliers de Ryad.
Les incertitudes restent nombreuses et les analystes de JPMorgan disent leur impuissance à modéliser "le dénouement du conflit", une première depuis février, selon eux.
Ils écrivent être "partis du principe qu'il existait des lignes rouges économiques que l'administration américaine ne serait pas disposée à franchir: un baril de pétrole à 100 dollars, l'essence à près de 5 dollars le gallon, une inflation globale de 4% ou un rendement des bons du Trésor à 10 ans avoisinant les 5%".
"Six mois plus tard, bon nombre de ces seuils ont été franchis, mais la stratégie de sortie est moins claire, et non l'inverse", soulignent-ils.
De quoi laisser "le marché sur les nerfs", affirment ces experts.
La tension est la plus vive du côté des produits raffinés.
Au conflit au Moyen-Orient s'ajoute en effet les attaques menées par la Russie et l'Ukraine sur les infrastructures ennemies.
"En Russie, les raffineries de Syzran et de Saratov ont toutes deux arrêté leur production à la suite d'attaques de drones ukrainiens", affirme Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
(C.Erasmus--TPT)