The Peninsula Times - La majorité des supermarchés Auchan s'apprêtent à passer sous bannière Intermarché

Johannesburg -
La majorité des supermarchés Auchan s'apprêtent à passer sous bannière Intermarché
La majorité des supermarchés Auchan s'apprêtent à passer sous bannière Intermarché / Photo: GABRIEL BOUYS - AFP/Archives

La majorité des supermarchés Auchan s'apprêtent à passer sous bannière Intermarché

"Il paraît qu'Intermarché est moins cher": à l'aube d'une bascule inédite des supermarchés Auchan sous une bannière concurrente, les clients de l'enseigne à l'oiseau rouge interrogés par l'AFP espèrent des effets positifs sur leur panier de courses, à défaut de partager les inquiétudes des salariés.

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A Strasbourg, dans le magasin Auchan du quartier Esplanade, les rayons vides étaient nombreux vendredi, à la veille d'une fermeture temporaire devant laisser place, le 14 octobre, à un Intermarché.

En attendant, "on est embêtés parce que (...) on doit aller ailleurs", déplore Christine Goetz, 85 ans. "Là j'ai fait quelques courses à Carrefour et c'est plus cher", ajoute celle qui voit d'un bon oeil l'arrivée de la nouvelle enseigne, réputée "moins chère".

Son magasin fait partie des 164 Auchan qui rejoindront, à compter du 1er octobre, une nouvelle entité, A+Super, détenue par Auchan Retail France, tout en étant exploités en franchise sous enseigne Intermarché ou Netto, les changements devant survenir par vagues jusqu'à mai 2027.

En difficulté, le groupe de la famille Mulliez, cinquième distributeur alimentaire de France, avait créé la surprise en annonçant avec le groupement Mousquetaires (Intermarché, Netto), troisième, un vaste projet de "transformation" de son réseau de supermarchés, pour se recentrer sur ses hypers.

Sur 266 magasins concernés, 72 ont été vendus à des adhérents du groupement Mousquetaires, 17 sont en passe d'être cédés au discounter Lidl, et 13 seront conservés par Auchan sous "d'autres formats", selon le distributeur nordiste.

Tous les autres, ainsi que leurs salariés (9.000 environ, selon René Carette, délégué syndical central CFDT Auchan) étrenneront un dispositif inédit où Auchan reste propriétaire des murs et du fonds de commerce mais où l'offre dépend d'Intermarché.

C'est le cas du supermarché parisien Auchan de la rue des Alouettes, dans le 19e arrondissement, fermé depuis dimanche.

Une opération de déstockage organisée quelques jours avant la clôture a rapidement vidé les rayons, au grand dam d'Annie Bonte, 85 ans, qui n'avait "pas fait attention" aux affiches annonçant le changement d'enseigne.

- "Attention aux prix" -

Les réductions de 50% appliquées à la quasi-totalité des produits "ont ramené tout le quartier", a commenté une autre Annie, septuagénaire déçue de ne pas trouver d'oeufs de saumon dans ce magasin "pratique" car "très proche" de son logement et "moins cher" que les concurrents alentour.

A Strasbourg, Armande Glade, 89 ans, juge le changement d'enseigne "pas très dérangeant". "Je ne sais pas si Intermarché livrera, j'espère que oui", lance-t-elle, confirmant en outre faire "attention aux prix évidemment".

L'alliance d'Auchan avec Intermarché, entamée par le lancement en 2024 d'une centrale d'achats commune, doit justement permettre des baisses de tarifs, de "7 à 8%", a assuré à La Voix du Nord le directeur général d'Auchan Retail, Guillaume Darrasse, qui espère "vendre 20-25% de volume en plus" en "3-4 ans".

De son côté, Intermarché vante auprès de l'AFP "un projet extrêmement positif" devant "permettre de faire connaître" l'enseigne à davantage de clients et "d'investir dans les magasins".

Moins enthousiastes, les salariés concernés par la bascule s'attendent à perdre certains avantages sociaux (remise de 15% sur leurs achats Auchan, titres restaurants, etc.), qu'ils devraient "normalement conserver 15 mois", a expliqué à l'AFP Narimene Kerbi, caissière centrale parisienne de 45 ans, "inquiète". "On verra ce que ça va donner", a résumé une employée strasbourgeoise.

De manière plus générale, "on est pessimistes pour l'avenir de l'entreprise et de nos métiers", assure à l'AFP le syndicaliste René Carette.

Pour Gaëlle Le Floch, experte grande consommation chez Kantar Worldpanel, la stratégie d'Auchan consistant à "sacrifier une partie des supermarchés, qui étaient moribonds, pour sauver les hypermarchés peut s'entendre".

Reste que l'opération va réduire "la visibilité de la marque", selon un autre expert du secteur qui a souhaité rester anonyme et s'interroge sur une éventuelle absorption, à terme, d'Auchan par Intermarché.

(M.Coetzee--TPT)