En Argentine, le président chilien Kast veut intensifier les liens avec Milei
Le président argentin Javier Milei et son homologue chilien José Antonio Kast ont convenu lundi à Buenos Aires de faire avancer l'intégration commerciale, le développement touristique et les questions en matière de sécurité, lors de la première visite officielle du Chilien.
Le président d'extrême droite perpétuait ainsi la tradition des présidents chiliens d'effectuer leur première visite officielle en Argentine voisine.
Proches politiquement, les deux dirigeants affichent des positions le plus souvent alignées sur celles du président américain Donald Trump et s'inscrivent dans la progression de la droite radicale dans la région.
"C'est un moment historique pour l'intégration sur les questions de tourisme, de commerce, d'investissements, dans les mines", a déclaré M. Kast lors d'une conférence de presse à l'ambassade du Chili, après un entretien entre les deux hommes à la Casa Rosada, la présidence argentine.
Le Chili et l'Argentine partagent une frontière de plus de 5.300 km, et Buenos Aires est le deuxième partenaire commercial de Santiago en Amérique latine, quoique loin derrière le Brésil, avec des échanges estimés à près de huit milliards de dollars en 2025.
Le nouveau président chilien est revenu sur sa proposition de campagne de création d'un "couloir humanitaire" pour renvoyer les migrants vénézuéliens résidant au Chili en bus par exemple, en passant par le Pérou et l'Equateur.
"La possibilité de l'ouvrir s'est considérablement accrue avec les changements radicaux qui se sont produits au Venezuela", après la chute de l'ex-président Nicolas Maduro capturé début janvier et jugé aux Etats-Unis. "Nous allons progresser dans l'expulsion des migrants en situation irrégulière", a-t-il affirmé.
Les deux dirigeants s'étaient déjà rencontrés en décembre, juste après l'élection de M. Kast, posant ensemble avec une tronçonneuse, symbole des coupes budgétaires engagées par Javier Milei.
- Arrestation manquée -
Cette visite, qualifiée de "protocolaire" par le gouvernement chilien, intervient toutefois dans un contexte marqué il y a quelques jours par l'échec d'une tentative d'arrestation en Argentine de Galvarino Apablaza, un ancien guérillero accusé d'avoir participé à l'assassinat en 1991 du sénateur chilien de droite Jaime Guzman.
Galvarino Apablaza bénéficiait du statut de réfugié politique en Argentine depuis 2010, jusqu'à sa révocation par la justice en février. Mais la police n'a pas réussi à l'arrêter après l'émission d'un mandat d'arrêt la semaine dernière.
"Nous bénéficions de toute la coopération du gouvernement argentin et nous espérons qu’il pourra bientôt être capturé et envoyé au Chili", a déclaré M. Kast.
Le ministère argentin de la Sécurité a offert vendredi une récompense d'environ 14.000 dollars pour toute information permettant de le localiser.
Mais selon l'avocat de M. Apablaza, Me Rodolfo Yanzon, cette arrestation serait "illégale" car les recours sur la levée de son statut de réfugié ne sont pas épuisés.
(F.Skosana--TPT)