The Peninsula Times - Présidentielle : face aux violences, le RN cherche à capitaliser sur l'image du parti de l'ordre

Johannesburg -
Présidentielle : face aux violences, le RN cherche à capitaliser sur l'image du parti de l'ordre
Présidentielle : face aux violences, le RN cherche à capitaliser sur l'image du parti de l'ordre / Photo: NICOLAS TUCAT - AFP

Présidentielle : face aux violences, le RN cherche à capitaliser sur l'image du parti de l'ordre

Il dénonce "l'impuissance" du gouvernement et accuse LFI de vouloir provoquer "une guerre civile" : après les violences commises en marge de la mobilisation du 17 janvier, le Rassemblement nationale se pose en parti de l'ordre avec l'espoir d'élargir son électorat en vue de la présidentielle.

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Une image vaut parfois mille mots : celle de Marine Le Pen dimanche à son bureau lord d'une allocution très présidentielle sur les violences du week-end, assise devant un drapeau français et une bibliothèque à laquelle est suspendue son ancienne robe d'avocate.

Un style solennel repris lundi à son tour par Jordan Bardella, appelé à devenir Premier ministre en cas de victoire du RN au printemps. Lui se tient debout, fond bleu et drapeau tricolore posé à ses côtés, avec un slogan claquant au frontispice du pupitre : "Face au chaos, la France en ordre".

Un leitmotiv martelé tout le week-end sur les réseaux sociaux, à grand renfort de visuels opposant le "chaos" de ces "dix ans de macronisme" à "la France apaisée" qu'offrirait l'élection de Mme Le Pen.

Avec le scrutin présidentiel dans le viseur, Jordan Bardella a promis lundi de "rétablir la sécurité et l'ordre par tous les moyens légaux possibles" si son parti accède au pouvoir, ajoutant, martial : "tu touches à un policier, tu dors en prison".

Et si le message n'était pas assez clair, le président du RN l'a explicité quelques instants plus tard, en assurant que "le meilleur moyen de protester, c'est de voter". Un appel du pied au vote contestataire de ceux qui ne descendent pas dans la rue.

Le RN renforcé par les émeutes, c'est le scenario redouté par ses adversaires, à l'image du candidat social-démocrate à la présidentielle Raphaël Glucksmann, qui craint que Marine Le Pen soit "la bénéficiaire du chaos" et que le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon soit son "marchepied".

- "Socle renforcé" -

Au sein du RN, on rejette toute volonté de capitaliser sur les émeutes : "on ne peut pas se réjouir de voir le pays dans cet état. Quand vous êtes patriote, ça fait mal", commente un responsable du parti, consterné par les images de la France en flammes qui font le tour du monde.

Le chercheur en sciences politiques Bruno Cautrès se montre prudent sur les conséquences électorales des violences de ces derniers jours : "à court terme, tout ceci va dans le sens des politiques qui communiquent sur la loi et l’ordre, la sécurité", explique-t-il à l'AFP, tout en prévenant que ça ne va pas "se traduire mécaniquement dans les urnes".

Le directeur de l'Ifop, Frédéric Dabi, reconnaît toutefois que les violences du week-end "relèvent du choc et ne vont pas être sans conséquence".

"Il faut attendre les premiers sondages post-17 octobre, mais cela pourrait donc, en toute logique, renforcer le socle électoral de premier tour de Marine Le Pen", augure-t-il.

Face à un RN qui sortirait renforcé des violences, la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon, soutien d’Édouard Philippe, favori du bloc central dans les sondages, s'est efforcée de nuancer.

"Je pense que les Français sont un peuple intelligent", a-t-elle assuré sur LCI, convaincue que ses concitoyens "sauront faire la part des choses" et qu'ils "verront que les propositions de Marine Le Pen sont vouées à l'échec".

Dans le discours du RN, le gouvernement est clairement l'une des cibles privilégiées. Jordan Bardella l'accuse d'être le responsable d'une "faillite sécuritaire et politique sans précédent" et même "d'avoir pris le maquis".

Tout en attaquant Édouard Philippe et le bloc central, le Rassemblement national saisit aussi l'occasion pour vitupérer Jean-Luc Mélenchon. Une façon d'installer davantage le match contre un adversaire que tous les sondages donnent à ce stade largement perdant face à la candidate du RN au second tour.

"L'ultragauche qui casse et détruit n'est rien d'autre que la branche armée de la mouvance politique de LFI", dénonce Jordan Bardella, estimant que La France insoumise a "la responsabilité morale" des événements du week-end.

(P.Ngobeni--TPT)