The Peninsula Times - Ce qu'il faut savoir sur le cinquième plénum du Parti communiste chinois

Johannesburg -
Ce qu'il faut savoir sur le cinquième plénum du Parti communiste chinois
Ce qu'il faut savoir sur le cinquième plénum du Parti communiste chinois / Photo: Vincent Thian - POOL/AFP/Archives

Ce qu'il faut savoir sur le cinquième plénum du Parti communiste chinois

Le président Xi Jinping et d'autres hauts responsables du Parti communiste chinois, au pouvoir, se réuniront lundi à Pékin à l'occasion d'un rassemblement crucial qui pourrait donner des indications sur la prochaine génération de dirigeants du pays.

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La cinquième session plénière du Comité central du parti précède le congrès du parti, qui se tient tous les cinq ans et aura lieu l'année prochaine, au cours duquel Xi Jinping, au pouvoir depuis 14 ans, devrait obtenir un quatrième mandat.

- Pourquoi cette réunion est-elle importante ? -

Les plénums sont des réunions à huis clos du Comité central du parti, composé d'environ 300 membres de haut rang, au cours desquelles sont débattues les grandes décisions nationales et partisanes.

La réunion de lundi est la cinquième depuis la nomination de cette promotion en 2022 et portera sur la gouvernance du parti.

Cela implique la mise en oeuvre de mesures visant à rendre les cadres plus efficaces, moins corrompus et plus loyaux.

Cette session plénière précède un remaniement prévu de la direction lors du 21e Congrès du Parti à l'automne 2027, où Xi Jinping, âgé de 73 ans, devrait obtenir un nouveau mandat à la tête du Parti.

Les sessions plénières précédentes ont constitué des moments clés pour Xi Jinping afin de consolider son autorité.

Une session plénière de 2016 l’a consacré comme le "noyau" du Parti, tandis que celle de 2021 a élevé les doctrines de Xi Jinping au rang de doctrine officielle et adopté une nouvelle résolution sur l’histoire du Parti.

Cette fois-ci, les analystes estiment que Xi Jinping pourrait renforcer son autorité en endossant le titre de "président du Parti", fonction qu’avait occupée Mao Zedong.

- Pourquoi Xi Jinping s'inquiète de la discipline ? -

Cette réunion, qui s'achève jeudi, débattra et adoptera une décision sur "l'autogouvernance totale et rigoureuse du Parti", Xi Jinping souhaitant institutionnaliser les mesures disciplinaires.

Xi Jinping reste frustré par le fait que les cadres n'appliquent pas ses ordres, malgré une campagne anti-corruption menée depuis 14 ans qui a permis d'écarter des milliers de fonctionnaires, dont des dizaines de membres du Comité central.

"Xi Jinping voit dans la lutte anticorruption la clé de la légitimité du parti, il veut donc purifier continuellement les rangs du parti pour s'assurer que le règne du PCC puisse survivre là où d'autres régimes ont échoué", explique Daria Impiombato, de l’Institut Mercator pour les études chinoises.

Les médias d’État ont publié, avant le plénum, un article s’inspirant d’un discours prononcé par Xi Jinping en janvier, dans lequel il fustigeait les fonctionnaires "hypocrites" qui semblent se conformer aux directives du centre mais "résistent intérieurement", prônent "l’individualisme" et font preuve d’"opportunisme politique".

Il a également critiqué les fonctionnaires "conciliants" qui, au nom de la préservation de l’unité, ne réagissent pas lorsqu’ils constatent des problèmes.

"Xi Jinping essaie de résoudre le problème qui empoisonne la politique chinoise depuis toujours : comment faire en sorte qu'un pouvoir central qui multiplie les priorités obtienne des fonctionnaires locaux qu'ils les exécutent comme prévu, alors même que ces fonctionnaires détiennent l'information, font face à des budgets de plus en plus serrés et sont récompensés pour l'apparence de conformité", a déclaré Jean Christopher Mittelstaedt, sinologue à l’université de Zurich.

"Sa réponse consiste à instaurer (...) plus de surveillance et plus de règles, mais c'est précisément ce qui a contribué à créer le problème", a-t-il ajouté.

- Va-t-il choisir un successeur ? -

Il est presque certain que Xi Jinping restera aux commandes après le 21e Congrès du Parti. Les analystes s'attacheront donc plutôt à déterminer qui est bien placé pour occuper d'autres postes de haut niveau au sein du Politburo et de son Comité permanent en 2027.

Le Politburo compte des sièges vacants depuis que Xi Jinping a écarté trois membres, le plus grand nombre de démissions en un seul mandat depuis 1980, mais ces postes sont rarement pourvus lors d'une session plénière.

Huit sièges de membres titulaires sont actuellement vacants au Comité central, et 15 autres membres font l’objet d’une enquête et pourraient être remplacés.

En raison des purges menées par Xi Jinping, cette session plénière devrait enregistrer le plus faible nombre de participants depuis la mort de Mao en 1976.

- Qui va diriger l'armée ? -

La campagne anti-corruption s'est étendue jusqu'au cœur de l'armée, entraînant la chute de cinq des sept membres de la Commission militaire centrale (CMC), la plus haute instance du parti chargée des forces armées.

Sur les 44 militaires nommés au Comité central en 2022, seuls deux n'ont pas été écartés ou n'ont pas disparu, selon l'Asia Society Policy Institute.

Cette "décapitation totale" de l’armée montre "à quel point (Xi Jinping) est frustré et méfiant envers les dirigeants actuels", selon Jonathan Czin, de la Brookings Institution.

"Xi Jinping est clairement en train d’éliminer pratiquement toute une génération du corps des officiers généraux. C’est une mesure de grande envergure. À côté de cela, la décimation romaine semble presque insignifiante", affirme-t-il.

(D.Khanyile--TPT)