JO: "J'ai gagné tout ce que je voulais gagner", savoure Julia Simon
"J'ai gagné tout ce que je voulais gagner quand j'étais petite fille": la biathlète Julia Simon repart des Jeux olympiques de Milan Cortina avec quatre médailles, dont trois en or, les derniers titres qui manquaient à son immense palmarès.
Malgré un début de saison retardé par une suspension d'un mois, conséquence de sa condamnation pour vol et fraude à la carte bancaire, la Savoyarde de 29 ans se savait capable de "répondre présente dans les grands rendez-vous", assure-t-elle dans un entretien accordé à l'AFP.
"L'objectif était le mois de février. Il y avait pas mal de pression quand je suis arrivée. Je suis humaine, donc j'ai par moments des doutes. Après, je sais répondre présente sur les grands rendez-vous", affirme Julia Simon.
A Anterselva, site olympique du biathlon à 1.600 m d'altitude, la Française a su s'appuyer sur son mental hors du commun pour réaliser son rêve ultime, un titre de championne olympique (individuel 15 km), deux médailles d'or dans les relais (mixte et féminin) et l'argent de la mass start au bout d'une course incroyable.
"A certains moments, il faut débrancher un petit peu le cerveau. J'ai laissé parler mon côté animal et mon instinct, pour aller vraiment chercher au bout de moi-même", assure la redoutable finisseuse.
"Le contrat est rempli. C'était vraiment une quinzaine incroyable", savoure Julia Simon sous les épais flocons, ses quatre médailles autour du cou.
Sa saison olympique n'a pourtant pas été un long fleuve tranquille, avec une préparation perturbée par sa double sanction, judiciaire puis disciplinaire, à l'automne dans l'affaire des cartes de crédit qui l'opposait notamment à sa coéquipière Justine Braisaz-Bouchet.
En se constituant une carapace pour revenir progressivement, malgré un mois de compétition en moins, elle est parvenue à surmonter ces épreuves et revenir à son meilleur niveau.
- "Croire en ses rêves" -
Désormais, la biathlète des Saisies a tout gagné: trois médailles d'or olympique, dix titres de championne du monde (dont quatre fois individuellement), le gros globe de cristal (2023), ce qui fait d'elle la meilleure biathlète française de l'histoire.
"Je suis quelqu'un qui a mis du temps à arriver à maturité, mais je suis vraiment contente de mon chemin. Ca m'a demandé beaucoup de travail, de remettre beaucoup de choses en perspective, de recommencer le tir presque à zéro", raconte-t-elle.
Deux années de dur labeur entre le printemps 2020 et l'été 2022 avec son coach en tir Jean-Paul Giachino, pour tout reconstruire et gagner en régularité sur le tir couché, qui lui a permis ensuite de jouer les premiers rôles dans les grands rendez-vous et en Coupe du monde.
"Je suis vraiment très contente aujourd'hui d'en être arrivée là, ça fait un beau palmarès et j'ai gagné tout ce que je souhaitais gagner quand j'étais petite fille", se réjouit la native d'Albertville.
La Julia Simon de 2026 dirait justement à la petite fille qu'elle était, née dans une famille d'agriculteurs, de "croire en ses rêves", ce dont elle est le plus "fière" aujourd'hui. "C'est tellement éphémère qu'on veut toujours revivre ces émotions, encore et encore", apprécie-t-elle.
Désormais, la Française veut juste rentrer chez elle et "qu'on lui foute la paix", plaisante-t-elle. Le biathlon la fait encore rêver et elle se voit bien continuer encore une ou deux saisons, "après on verra".
"Tant que je prends du plaisir et que je m'amuse je vais continuer là-dedans. Ca demande beaucoup de choix de vie et de temps aussi, mais pour le moment le biathlon c'est tellement des émotions incroyables", confie-t-elle.
(T.Byrne--TPT)